Le 3 février 2026 à Paris, le Hub des Territoires organisait une conférence consacrée aux systèmes énergétiques locaux, au cœur des stratégies de décarbonation territoriale. Intitulé « Les systèmes énergétiques locaux au service de la transition écologique des territoires », l’événement a réuni collectivités, opérateurs, institutions et experts autour d’un objectif commun : accélérer la transition énergétique par des solutions locales, durables et économiquement viables.
Deux tables rondes ont structuré les échanges :
C’est dans ce cadre que Michel Salem-Sermanet, Directeur général d’Efficacity, est intervenu aux côtés de Nicolas Garnier (Directeur général d’AMORCE) et de Sébastien Marre (Directeur général de R-CU Strasbourg
Son intervention a porté sur un enjeu clé : mieux outiller les collectivités pour leur permettre de prendre les bonnes décisions en matière de planification énergétique à budget contraint.
Son message a été le suivant : la transition énergétique ne repose pas uniquement sur des financements supplémentaires, mais aussi sur une montée en compétence et une ingénierie renforcée, qui s’appuient sur des outils performants de simulation et d’optimisation.
Il a d’abord rappelé l’importance de renforcer la culture de l’énergie dans les territoires :
« La montée en compétence des collectivités sur la meilleure façon, à budget contraint, de décarboner la chaleur et le froid est un enjeu majeur. »
L’énergie n’est pas un sujet intuitif, pas plus que le carbone. Les collectivités ont donc besoin d’outils numériques capables de rendre lisibles des problématiques complexes et d’accélérer la prise de décision.
« Nos outils servent à accélérer la prise de décision et à prendre la meilleure décision possible sur le plan environnemental et budgétaire. »
Michel Salem-Sermanet a présenté une méthode structurée en trois étapes, qui a vocation à être largement diffusée au travers du prochain Guide de la DGEC sur la planification énergétique :
Michel Salem-Sermanet a insisté particulièrement sur la nécessité de prendre en compte les énergies de récupération, encore trop peu utilisées.
« Tant qu’on ne mesure pas finement le potentiel des énergies de récupération, on ne sait pas quelle décision prendre. Il est essentiel de considérer l’ensemble des solutions possibles et de les comparer avec suffisamment de précision avant de prendre la décision. »
Un point fort de son intervention a concerné les réseaux de chaleur et de froid. Selon lui, l’intuition conduit souvent à des choix sous-optimaux.
Il cite l’exemple de la grande ZAC Matabiau-Quai d’Oc à Toulouse : la première intuition des porteurs du projet était d’étendre le réseau biomasse des quartiers adjacents. Or, après simulation et comparaison de dizaines de scénarios via les outils développés par Efficacity, une autre solution s’est révélée plus pertinente.
« Tant qu’on ne compare pas des dizaines de scénarios pour chaque quartier, on ne sait pas quelle sera la meilleure solution en termes de coût et d’impact carbone. »
Résultat : la création d’une boucle d’eau tempérée alimentée par géothermie, avec le réseau biomasse existant en appoint, a permis 30 % de réduction d’impact carbone.
La conférence a ainsi confirmé que les systèmes énergétiques locaux ne sont pas seulement des infrastructures techniques : ils constituent un véritable levier stratégique pour la transition bas carbone des territoires.