La transition énergétique du parc tertiaire repose sur un prérequis souvent sous-estimé : la connaissance fine des bâtiments. Quelles sont leurs caractéristiques ? Comment sont-ils réellement utilisés ? Et surtout, sur quelles données fiables s’appuyer pour agir ?
C’est à ces questions que répond le projet DEMETER, en proposant à la fois un état des lieux lucide et des pistes méthodologiques concrètes pour progresser.
Le premier enseignement du rapport est sans appel : la compréhension du parc tertiaire reste aujourd’hui incomplète, malgré l’existence de nombreuses bases de données.
Comme le souligne le rapport :
« Une vue d’ensemble du parc tertiaire à affiner à l’échelle du bâtiment »
En pratique, cela signifie que les données disponibles sont souvent trop agrégées ou hétérogènes pour permettre une analyse opérationnelle. Plus surprenant encore, cette difficulté concerne aussi les acteurs eux-mêmes.
Ce manque de visibilité constitue un frein majeur à la mise en œuvre de stratégies énergétiques efficaces.
Le rapport met en évidence un paradoxe : les données existent, mais leur mobilisation reste complexe.
Plusieurs obstacles sont identifiés, parmi lesquels l’accès à la donnée énergétique, qui constitue un enjeu central. À cela s’ajoutent des difficultés liées à la collecte elle-même, souvent sous-estimées dans ce type de projet :
« La dépendance à la collecte de données, un facteur de risque »
Ces constats rappellent que l’amélioration de la connaissance du parc tertiaire ne relève pas uniquement d’innovations techniques, mais aussi d’enjeux organisationnels et de gouvernance de la donnée.
Au-delà du diagnostic, DEMETER propose des solutions concrètes pour améliorer les approches actuelles.
Le rapport pointe notamment les limites des modèles énergétiques classiques. Pour y répondre, le projet introduit des méthodes plus robustes, combinant analyse de sensibilité et calibration bayésienne. L’objectif : mieux intégrer les incertitudes et fiabiliser les résultats.
Cette évolution marque un changement important, passer d’une modélisation figée à une approche plus réaliste, capable de refléter la variabilité des situations.
Un autre apport notable du projet réside dans l’analyse de l’occupation des bâtiments, notamment via des données issues de la téléphonie mobile.
Cette approche permet de mieux comprendre les rythmes d’utilisation, les variations hebdomadaires ou saisonnières, et d’intégrer ces éléments dans les réflexions énergétiques.
Le rapport souligne toutefois la nécessité de rester prudent. Une piste prometteuse, qui ouvre la voie à des approches plus fines, à condition de bien maîtriser les limites des données mobilisées.
Dans ce projet exploratoire, Efficacity a joué un rôle clé en apportant une expertise à la croisée de la recherche et de l’opérationnel.
Son apport se distingue notamment par :
Le rapport le rappelle lui-même :
« Un projet exploratoire qui propose des bases méthodologiques »
En ce sens, Efficacity ne se limite pas à un rôle de contributeur scientifique : l’institut participe à poser les fondations de futures approches à l’échelle du parc tertiaire.
Au final, le projet DEMETER ne se contente pas d’un état des lieux. Il propose une lecture renouvelée des enjeux liés au parc tertiaire, en combinant analyse critique, innovation méthodologique et retours d’expérience.
Un socle précieux pour les acteurs publics et privés, à l’heure où la transformation énergétique du secteur devient une priorité.
Ludovic Durbiano
Co-Product owner EnergyMapper, Efficacity
Clément Cruveiller
Ingénieur R&D, Efficacity