Portrait EfficaciTeam : Manu Bédard, Ingénieur d’études et de recherches

03.11.2026

Derrière chaque logiciel, méthode et solution développés par Efficacity, il y a avant tout des personnes passionnées, engagées et animées par la volonté de faire avancer la transition énergétique. À travers cette série d’articles, nous vous invitons à découvrir celles et ceux qui, au quotidien, donnent vie à nos projets, en conjuguant expertise, créativité et esprit collectif.

Pour ce nouveau portrait, direction l’île de La Réunion, au cœur de la recherche et des projets chez Efficacity ! Nous avons posé nos questions à Manu Bédard, Ingénieur d’étude et de recherche. Derrière l’accompagnement des collectivités locales et les outils d’analyse que nous utilisons au quotidien, comme QGIS, il y a des talents qui s’engagent pour façonner les territoires de demain. Manu en fait partie, fort de son diplôme d’ingénieur spécialisé dans les réseaux d’énergie obtenu à CentraleSupélec, qu’il a complété par un master en économie de l’environnement.

Si tu devais expliquer ton métier à tes grands-parents, que leur dirais-tu ?

Imaginez que votre maison, c’est tout un quartier. Mon travail consiste à faire en sorte que cette « maison » consomme moins d’énergie pour fonctionner (chauffage, climatisation, éclairage) et qu’elle produise plus d’énergie propre, grâce au soleil, par exemple. À La Réunion, je travaille concrètement avec les collectivités locales pour transformer leurs quartiers. En résumé, j’aide à rendre nos villes plus économes et plus respectueuses de la nature, sans perdre en confort.

Quel est l’intitulé précis de ton poste ?

Ingénieur d’étude et de recherche à La Réunion

Peux-tu nous parler de ton parcours avant d’arriver chez Efficacity ?

Suite à un parcours d’ingénieur spécialisé dans les réseaux d’énergie à CentraleSupélec, j’ai complété ma formation avec un master en économie de l’environnement. Chez Efficacity, ce profil hybride me permet de faire le pont entre les contraintes techniques du terrain à La Réunion et les enjeux économiques de l’aménagement urbain.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler dans la transition énergétique ?

Pour moi, l’énergie est une « matière première » transversale. C’est un sujet complexe et imbriqué dans de nombreux domaines : on ne peut pas parler d’urbanisme sans parler d’énergie, ni de justice sociale, ni d’industrie. Je trouve passionnante cette centralité du sujet. La manière dont nous gérerons ces flux est primordiale dans la construction du monde qui vient. Travailler dans ce domaine, c’est avoir un impact direct et mesurable sur l’avenir des territoires.

Quels outils utilises-tu au quotidien ?

Au quotidien, j’utilise les classiques de la gestion de projet et du développement en Python. Mais la découverte qui m’a particulièrement marqué récemment c’est QGIS, le logiciel préféré des géographes. C’est un outil qui permet de passer d’une vision abstraite à une visualisation concrète du territoire par la cartographie. C’est révélateur et cela aide beaucoup à argumenter auprès des décideurs locaux.

Y a-t-il une idée reçue dans le domaine de l’énergie ou de l’environnement que tu souhaiterais faire disparaître ?

L’idée reçue selon laquelle le réseau électrique est un élément passif et simple, alors qu’il est en réalité au cœur des enjeux.

Les gens comprennent facilement la consommation (la marmite à riz qui chauffe) ou la production (les panneaux solaires), mais ils ont du mal à saisir la complexité de la gestion des flux.

À La Réunion, comme partout, les gestionnaires de réseau font quotidiennement un véritable exercice d’équilibriste pour maintenir la stabilité du système face à l’intermittence de la production et aux pics de demande.

Pour illustrer cela, je conseille d’essayer ce jeu qui nous place dans la peau d’un gestionnaire de réseau face à un pupitre de commande https://jeu.onoff.re/.

Selon toi, quels sont les principaux défis pour réussir la transition énergétique des quartiers ?

Le défi principal est l’articulation entre les différentes échelles de l’aménagement.

Actuellement, on a souvent des politiques nationales qui descendent vers le bas, et des initiatives locales qui remontent. Mais il y a un décalage :

  • Les acteurs individuels (promoteurs, habitants) ont leurs intérêts propres.
  • L’échelle du quartier nécessite une vision collective que l’échelle individuelle ne permet pas d’atteindre.

La réussite passe par la création de « gouvernances intermédiaires ». Il faut des outils qui permettent à un quartier de fonctionner comme un système intégré : production locale, partage, stockage, et efficacité globale. Si on reste à une approche purement comptable ou individuelle, on ne dépassera pas le seuil critique nécessaire pour décarboner massivement les territoires.

Quelles sont les compétences techniques indispensables pour ton poste ?

La curiosité. On découvre tous les jours de nouveaux projets, solutions ou manières d’aborder la transition, c’est passionnant. Il faut ensuite réussir à transformer ces bonnes idées en projets opérationnels.

Si tu avais un super pouvoir pour accélérer la transition écologique, quel serait-il ?

Je n’aime pas vraiment ces figures de super-héros. Aucune Wonder Woman ou Super Man ne viendra nous sauver, les enjeux auxquels nous faisons face sont systémiques et nécessitent une transformation collective de la société.

Une lecture, une appli ou une ressource qui vous inspire au quotidien ?

Un collègue du Territoire de l’Ouest m’a conseillé Contribution à l’histoire économique de l’île de La Réunion par HO Hai Quang. Ça peut paraitre un peu barbant mais cette lecture prend tout son sens après une année de découverte de ce territoire singulier. Elle permet de comprendre pourquoi la Réunion est ce qu’elle est aujourd’hui économiquement. C’est une clé essentielle pour ne pas appliquer des modèles venus d’ailleurs sans les adapter à la réalité locale.

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