Alors que les réseaux de chaleur se multiplient dans nos villes, comment identifier l’intégralité des potentiels clients, jusqu’où est-il possible d’assurer leur croissance, est-il judicieux de mutualiser les ressources, et comment optimiser la distribution et la production tout au long de l’année ? Telles sont les questions auxquelles Efficacity a répondu pour la métropole de Rouen.
La Métropole Rouen Normandie (MRN) a engagé depuis 2021 la phase 2 de développement du réseau de chaleur Rive Gauche. Ce réseau de chaleur alimenté principalement par l’unité de valorisation énergétique Vesta (UVE) dessert déjà l’équivalent de 10 000 logements sur les communes de Petit-Quevilly et Grand-Quevilly.
Ce projet s’inscrit dans la stratégie de développement à très grande échelle des réseaux de chaleur comme vecteur majeur de la transition énergétique du territoire, en substituant de la chaleur fossile (gaz naturel) par de la chaleur majoritairement renouvelable (chaleur de récupération d’incinération de déchets ménagers) à l’échelle de la métropole, et en interconnectant les réseaux existants sur le territoire.
L’expertise d’Efficacity a été sollicité par MRN afin de challenger une étude précédente, aussi bien dans l’identification semi-automatique de nouveaux bâtiments à raccorder au Réseau de Chaleur Urbain (RCU), que sur l’optimisation du tracé et celle des moyens de production tout au long de l’année.
Le croisement de multiples bases de données permet d’identifier de manière agile un grand nombre de prospects au raccordement sur le réseau de chaleur, soit en densification soit en nouvelle extension, et de justifier sur une année de référence les besoins thermiques à satisfaire. Ces bâtiments (logements collectifs, infrastructures publiques, établissements de santé etc.), majoritairement provisionner par des énergies fossiles décentralisées, vont pouvoir effectuer une transition vers des énergies décarbonées et locales.
Une fois les potentiels identifiés, leur positionnement géographique permet d’anticiper un nouveau tracé du réseau optimisant les raccordements individuels, effectuant la jonction avec les réseaux existants en se conformant aux contraintes d’urbanisme, et assurant une continuité de service pour les usagers tout au long de l’année. Les quelques tronçons ne justifiant pas d’une densité énergétique suffisante seront écartées, afin de conserver la rentabilité financière de l’activité.
L’étude se conclut par une modélisation thermo hydraulique dynamique du réseau, simulant les moyens de production répartis dans plusieurs chaufferies à travers la ville. Maximiser l’exploitation des chaudières bois et de récupération d’énergie fatale permet de limiter l’usage du gaz naturel en appoint.
Les équipes d’Efficacity sont parvenues à identifier 115 prospects de plus qu’initialement validés, avec un potentiel supplémentaire de 23 GWh de chaleur par an. La projection de ses besoins sur la voirie a également permis d’explorer de nouvelles stratégies de tracer de réseau, améliorant la circulation des flux entre les moyens de production et les consommateurs des quartiers suivants : Grand-Quevilly, Petit-Quevilly, Saint-Etienne-du-Rouvray et Sotteville-lès-Rouen.
Ses nouvelles consommations assurent une valorisation maximale de toutes les énergies fatales de récupération sur les incinérateurs de la collectivité, et le nouveau tracé du réseau redirige efficacement la chaleur vers les consommateurs en toute période de l’année. On observe ainsi une réduction des coûts de travaux et d’exploitation au mètre linéaire de réseau, une forte augmentation du taux d’EnR&R sur le chauffage, et enfin une diminution générale des redevances des usagers.